Au moment où vous portez
la jambe vers l’avant,
une multitude de drames subtils
et magnifiques se déploient
silencieusement.
L’angle délicat par lequel
le genou et la cheville s’inclinent
vers l’intérieur lors du
mouvement est essentiel.
Sans cette conscience,
le geste devient grossier,
et l’élégance se dissout dans
la marche.
Mais, lorsqu’elle est excessive,
l’art lui-même disparaît.
Pendant ce temps,
la jambe d’appui — l’axe
qui soutient tout le poids —
ne doit jamais vaciller.
Cette stabilité ne naît pas
de l’endurance,
mais de l’unification harmonieuse
du corps entier, par une fusion
juste des muscles.
Cette harmonie corporelle
est aussi le chemin par lequel
la vie réveille sa propre force
d’auto-guérison.
C’est l’une des raisons pour
lesquelles les douleurs et
les inconforts s’estompent dans
la philosophie des talons.
Il ne faut jamais oublier
la présence de cette suspension
du temps.
Dans cette pause intentionnelle,
presque imperceptible,
où le temps semble se suspendre,
juste avant que le pied ne touche
le sol, se cache une forme
de magie.
Invisible à l’œil,
cet intervalle existe pourtant
bel et bien, et dans ma philosophie,
il est posé consciemment.
C’est pour cette raison
que la marche dégage une
aura singulière.
Toute forme d’art et de beauté
dans ce monde est la cristallisation
d’une complexité immense.
Et pourtant,
elle nous apparaît simple.
La simplicité n’est pas l’absence
de complexité, mais un monde
sans mots où la complexité a été
pleinement intégrée.
Contact
asamiparis.fr@gmail.com

